Entreprendre seul ou s’associer ?

Devenir entrepreneur est un choix de vie et une aventure. Avant de vous lancer, des choix importants sont à faire. Parmi ceux-ci, la question de l’association. Est-ce mieux d’entreprendre seul ou avec un associé ? Voilà quelques pistes de réponse :

Les entreprises qui ne nécessitent pas d’associés pour débuter

Si vous débutez une activité complémentaire en tant qu’indépendant et/ou si vous optez pour devenir freelance, vous associer ne fait pas forcément sens, au moins lors de la phase de démarrage.  La meilleure solution est de vous lancer seul dans le bain.

Si votre activité se développe, la question de vous associer pourra apparaître. Dans cette situation, vous aurez des atouts pour que cela se passe bien puisque vous aurez des bases concrètes telles que la croissance, les marges, le chiffre d’affaires sur lesquelles vous pourrez vous baser pour votre future association. Vous aurez une meilleure connaissance de votre marché et pourrez établir un business plan de façon précise pour la nouvelle entité à créer.

Dans beaucoup d’autres cas, s’associer est préférable voire indispensable pour le succès de la future entreprise, voyons ce qu’il en est :

Les bonnes raisons pour s’associer

La première bonne raison pour s’associer est de ne plus être seul. C’est connu la solitude est le pire ennemi de l’entrepreneur. Quand l’aventure entrepreneuriale se transforme en aventure humaine, l’expérience prend une dimension incroyable mêlant une multitude de sentiments qui font la grandeur de la vie. En vous associant, vous allez partager les périodes de doute, les joies, les responsabilités et bien d’autres choses encore.

Plus de moyens humains signifie, un développement plus rapide. C’est une lapalissade mais il est évident que si vous êtes plusieurs créateurs, vous pourrez vous répartir les tâches et elles se termineront plus rapidement. Quand vous êtes seul, les choses ne se font que quand vous les faites par vous-même ! Souvent, l’associé est par nature plus investi qu’un salarié dans l’entreprise puisqu’il a plus d’intérêts à l’être, vous pourrez donc compter sur quelqu’un qui aura un plus gros volume de travail.

Si des compétences vous manquent pour mener à bien votre projet, trouver un partenaire qui comblera ces lacunes est souvent préférable à l’embauche d’un salarié ou le recours à un sous traitant.

Le réseaux de contacts de vos associés peut aussi être un facilitateur et un facteur de développement non négligeable. A notre époque, le relationnel et le réseautage prennent une place importante dans la conduite des affaires. Pouvoir compter sur les réseaux de plusieurs associés est un grand facteur de succès pour la future entreprise.

La mésentente entre associés dans les premières cause d’échec

Selon le business angel, Jeremie Berribi, les conflits entre associés sont une des premières causes d’échec d’une startup. Il prend un exemple basé sur la théorie de l’attribution causale. Il explique que trop souvent les gens ont tendance à trouver l’origine de leur problème dans des facteurs externes. Ce comportement entraîne une défiance de plus en plus grande entre associés, cause de problèmes insolubles. Si cela fait partie de vos traits de caractère, envisagez d’entreprendre seul. Ceci étant souligné voyons quels sont les critères pour s’associer :

Optez pour les complémentarités

Du fait des études que nous avons faites, du fait de notre activité professionnelle, le discours commun, les personnes qui font partie de notre réseau professionnel ont souvent des compétences similaires aux nôtres. S’associer avec son miroir présente dès lors un risque conséquent. Lors de votre réflexion sur votre future association, pensez  plutôt complémentarités.

Vérifiez la compatibilité et les objectifs

Si vous avez des vues trop divergentes, l’association ne peut être possible. Par exemple, si le but de votre associé est un développement rapide pour une revente dans un futur proche et qu’en même temps vous visez la pérennité à long terme avec une croissance plus progressive, cela dénote d’une incompatibilité.

Dans son blog Guilhem Bertholet a établi une liste de questions qu’il est utile de se poser pour être sur du choix de l’associé. A titre d’exemple, en voici quelques unes :

  • Pour moi, la création d’entreprise, qu’est-ce que c’est ?
  • Quels sont mes moteurs ? Après quoi je coure ? Qu’est-ce qui me fait lever le matin ?
  • Comment mon entourage voit-il la création d’entreprise ?
  • Qu’est-ce qui me rend susceptible ? Dans quels cas est-ce que je « prends la mouche » ?
  • De combien de temps est-ce que je dispose avant de devoir vraiment me payer ? Et combien  est-ce que je souhaite gagner d’ici 1 an ? 2 ans ? 3 ans ?
  • Est-ce que je crée pour vendre ? Quand ? Quel montant commencerait à me faire réfléchir ?
  • Qu’est-ce que je pense être ma principale force ? Ma plus grosse faiblesse ?
  • Qu’est ce que ceux qui ont déjà bossé avec moi disent de moi ?
  • Quels sont mes objectifs perso, dans la vie ?
  • Personnellement, qu’est-ce que j’attends de cette aventure d’entreprise ?
  • Quel temps puis-je accorder au projet ? Suis-je à 100% ? S’autorise-t-on des activités annexes ? Lesquelles et dans quelle proportion de temps ?
  • Quelles sont mes valeurs ? Les valeurs que je souhaite pour la boite ?
  • Quand-est-ce que je bosse le mieux ? Quel est mon rythme de travail « de croisière » ? Lorsque je suis « au max » ?
  • Qu’est-ce que je ne suis pas prêt à sacrifier pour le projet ?
  • Quelle est « ma » vision pour la boite, pour le projet ?

Conclusion

La question des associés est l’essence même de la création d’entreprise. Si vous ne deviez retenir que 3 choses, ce sont celles-ci :

  • Ne vous associez pas si ce n’est utile ou si cela n’est pas dans votre caractère
  • Ne vous basez pas sur vos sentiments pour vous associer avec des personnes mais sur des faits
  • Prenez le temps de vérifier la compatibilité de vos associés
2016-09-18T16:14:43+01:0018 septembre 2016|

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Licenciée en Sciences Economiques de l'ULB et Expert-comptable Fiscaliste ITAA