Les plus mauvaises raisons avancées pour ne pas créer son entreprise ou devenir indépendant

L’entrepreneuriat a bonne presse actuellement. Les régions rivalisent pour essayer de développer le sentiment entrepreneurial au sein de la population. Très longtemps l’entrepreneur et l’indépendant ont été montrés du doigt, comme vilain patron ou encore fraudeur fiscal. La tendance s’est inversée car pour le développement et la croissance de nos régions, les décideurs se sont rendus compte qu’il fallait essayer de développer un cadre plus favorable. Les raisons habituellement avancées pour ne pas se lancer sont-elles encore valables ?

Préliminaire

Nous sommes en présence de six conditions pour devenir indépendants:

  1. Être majeur (18 ans minimum) et jouir de vos droits civils.
  2. Être belge ou de l’Espace Économique Européen (EEE) ou disposer d’un permis de travail / carte professionnelle.
  3. Ne pas être déclaré légalement ou juridiquement incompétent ou placé sous l’autorité d’un administrateur provisoire.
  4. Les entreprises commerciales doivent prouver leurs capacités d’entreprendre (connaissances en gestion de base et, pour les métiers réglementés, une connaissance du secteur).
  5. En cas d’inscription en tant qu’entreprise non-commerciale de droit privé (surtout les professions libérales), le contrôle concernant les qualifications professionnelles spécifiques sera effectué par l’Ordre, la Chambre, l’Institut ou l’organe de contrôle fédéral auquel il faudra vous inscrire en tant qu’entreprise non commerciale auprès de la BCE.
  6. Vous n’exercez pas de profession incompatible (exemples: un parlementaire, un avocat, un huissier de justice ne peut exercer d’activité industrielle ou de négoce).

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1-. Pas le bon âge pour devenir indépendant

Il arrive que des personnes se trouvent trop âgées pour tenter l’aventure. Ne vous conditionnez pas de façon aussi négative. L’âge peut être un avantage quand il s’agit d’entreprendre. En effet:

  • vous avez acquis de l’expérience,
  • vous avez pu vous constituer un carnet d’adresse,
  • vous pouvez engager plus d’argent qu’un jeune que ce soit grâce à votre épargne ou parce que vous avez touché un préavis,
  • ..

Ce sont des atouts qui comptent. D’ailleurs nombre d’entrepreneurs à succès se sont lancés assez tardivement comme le montre cette petite infographie :

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source

2-. Les indépendants paient trop d’impôts

Il arrive très souvent que des personnes qui veulent se lancer comme indépendant pensent à éluder l’impôt avant même d’avoir gagner leur premier euro. Dans notre mission de conseil en fiscalité et comptabilité, nous vous aidons à choisir la voie la moins taxée possible en toute légalité mais chaque chose en son temps : il faut commencer par engranger des bénéfices avant de réfléchir à l’optimisation de votre fiscalité.

Évidemment, si vous avez la chance de pouvoir lancer une activité directement très rentable, la question de la fiscalité se pose dès le départ mais ce n’est pas le cas de la majorité des entreprises.

3-. Cela coûte trop cher de se lancer

Pour une entreprise qui débute ou un indépendant qui se lance, les aides sont nombreuses. Dans un premier temps, il est plus utile de trouver les aides appropriées à votre situation plutôt que penser à votre future fiscalité.

Les régions ont mis en place des portails Internet qui vous permettent de faire des recherches dans les aides et subsides qu’ils proposent. Soyez attentif à l’aspect administratif et la perte de temps que peuvent représenter ces démarches mais pour diverses aides le jeu en vaut la chandelle tant la question du financement est parfois difficile pour un entrepreneur débutant.

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4-. C’est risqué

Le risque est un élément très relatif et dépend de la perception qu’en ont les gens. Les indépendants considèrent que le vrai risque est de laisser son avenir dans les mains d’autres personnes.

Le salariat a ses avantages mais aussi des inconvénients de plus en plus nombreux. La sécurité apportée par le fait de toucher sa rémunération fixe en fin de mois est maintenant contrebalancée par divers éléments tels que :

a. le manque de bien être au travail avec parfois une maladie de longue durée à la clé. Les derniers chiffres sont éloquents: « La grosse majorité des malades de longue durée sont des salariés (347.000), le nombre d’indépendants malade depuis plus d’un an s’établissant à 23.500 ».  source

b. l’insécurité des revenus suite aux nombreux plans de licenciement et aux faillites d’entreprises. Nous connaissons une légère embellie économique qui fait reculer les faillites par rapport au nombre record atteint en 2013. Néanmoins, le retour d’une croissance forte est peu probable et les entreprises vont donc continuer à rationaliser via des suppressions d’emplois et d’autres risquent encore de tomber en faillite. Voilà les chiffres du Graydon pour le premier trimestre 2016 :

Nos entreprises belges se sont bien portées pendant tout le premier trimestre 2016 : 2.528 faillites ont été enregistrées, ce qui représente une diminution de près de 18% par rapport au premier trimestre 2015, soit 514 faillites de moins, en net. source

Et si vous préférez garder la sécurité de votre emploi actuel, pensez que vous pouvez aussi débuter à titre complémentaire.

Conclusion

Notre économie change et pour ceux qui ont l’envie de se lancer, peut-être est-ce le moment d’autant plus que le rapport risque/bénéfice de l’entrepreneuriat est en train de changer et aujourd’hui c’est peut-être NE PAS ENTREPRENDRE qui devient le risque.

2016-05-23T10:03:55+01:0022 mai 2016|

About the Author:

Licenciée en Sciences Economiques de l'ULB et Expert-comptable Fiscaliste ITAA