Pourquoi l’entrepreneuriat s’améliore-t-il ? et pourquoi cela ne suffit pas !

Dans l’Union Européenne, la Belgique est un pays dans lequel l’entrepreneuriat est à la traine. Pendant des décennies, les entrepreneurs ont été les parents pauvres de notre système de couverture sociale. Ils sont toujours considérés comme des gens aisés qui « font du noir ». Ces clichés ont la vie dure mais sont bien loin de la réalité.

Chiffres de l’entrepreneuriat

L’entrepreneuriat figure au même titre que le commerce parmi les facteurs de croissance économique d’un pays. Une chose qu’a heureusement comprise la Commission Européenne puisque cette dernière s’est donnée comme objectif de raviver la culture entrepreneuriale en Europe d’ici 2020. Pour atteindre cet objectif, la Belgique doit faire face à de nombreux changements et relever plusieurs défis. Selon les statistiques publiées par Eurostat, le pays occupe la dernière place des pays de l’Union Européenne en matière d’entrepreneuriat. Ainsi, pendant que le taux moyen de création d’entreprises dans le secteur marchand en Europe était de 9 % en 2012, celui de la Belgique est de 3,6 % contre 5 % l’année précédente.

Raisons du faible taux de création d’entreprises

Si le taux d’activité entrepreneuriale en Belgique est faible, il n’en demeure pas moins qu’il est inversement proportionnel à celui des employés. Ce dernier représente en effet, l’un des plus élevés au monde. Toutefois, plusieurs raisons sont attribuées à la faiblesse de l’entrepreneuriat belge.

En effet, devenir son propre patron serait un cap que la grande majorité des Belges n’est pas prête à passer. Ainsi, 70 % des Belges considèrent ne pas avoir les connaissances ni les compétences indispensables à la création d’une entreprise. A cela s’ajoute la peur de l’échec dans une carrière qu’ils considèrent pourtant comme un bon choix.

Une éclaircie dans l’entrepreneuriat

Dans ce décor sombre, un chiffre montre que la tendance s’inverse : le nombre d’indépendants a augmenté de 20% depuis 2000. source

Entreprendre, c’est tendance .. surtout chez les jeunes

Ce chiffre s’explique par le changement de perception des jeunes par rapport à l’entrepreneuriat. Désormais, un entrepreneur sur 9 a moins de 30 ans. Le nombre d’indépendants a augmenté de 1,9% sur un an et la part des moins de 30 ans est désormais de 4,17%.

Selon le Syndicat des indépendants, le SNI, cette augmentation est due à :

  • un meilleur climat économique,
  • la « culture des start-up »
  • la technologie qui permet de démarrer sans devoir faire de lourds investissements.

source

La sécurité sociale des indépendants, des avancées remarquables

La pension minimale des indépendants a égalé celle des salariés depuis le 1er août dernier.

 

Une meilleure couverture sociale permet de stimuler l’entrepreneuriat féminin. La proportion de femmes entrepreneures reste très en deçà de celle des hommes, le rapport étant de 1/3 2/3. Un vrai potentiel existe donc et est à révéler. Le ministre en charge veut mettre en place un baromètre de l’entrepreneuriat féminin.

En effet, dans le lot de ceux qui arrivent à entreprendre, on compte très peu de femmes. Et cela malgré que la gent féminine représente la moitié de la population active. En effet, le baromètre de l’entrepreneuriat féminin stagne autour des 30 % que ce soit dans le secteur des indépendants ou de l’administration. Parmi elles, 9 % seulement des femmes bruxelloises sont connues sous le statut d’indépendante. Les autres, ne pouvant concilier la vie familiale et entrepreneuriale, préfèrent des postes à moindres responsabilités ou des métiers à temps partiel.

Une mesure concrète et utile favorisant l’entrepreneuriat féminin a été prise début de cette année. Le congé de maternité des indépendantes est passé de 8 à 12 semaines. Hélas l’indemnité reste faible à 449 euros bruts versés.

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Perspectives pour favoriser l’entrepreneuriat

Un plan PME a été élaboré début 2015 et reposait sur 10 mesures phares :

  1. Réduction des charges patronales sur les trois premiers emplois.
  2. Porter le seuil d’exemption de la TVA pour les petites entreprises à 25 000 euros (chiffre d’affaires), contre 15 000 euros aujourd’hui.
  3. Encourager les investissements productifs, via des incitants. Entre autres les investissements créateurs d’emplois, à haute valeur ajoutée, à contenu R&D, etc.
  4. Adapter le système des majorations. Lorsqu’un indépendant paie ses cotisations sociales en retard, il doit payer des intérêts de retard.
  5. Etendre l’assurance sociale en cas de faillite. Lorsqu’un indépendant fait faillite, il peut recevoir 1 060 euros par mois pendant un an. « Mais cela ne vaut qu’en cas de faillite. On veut éviter de devoir aller si loin. On va créer un mécanisme nouveau – une assurance sociale en cas cessations forcées – qui pourra être sollicitée lorsque l’activité périclite de façon inexorable à cause d’événements extérieurs. » Donc non liés à la gestion de l’affaire. Ça peut être, par exemple, l’installation d’un mégaconcurrent à proximité. Le montant sera le même que celui de l’assurance faillite.
  6. Ouvrir l’accès à un deuxième pilier de pension (pension complémentaire) aux indépendants actifs en personne physique. Les indépendants en société y ont déjà droit.
  7. Aligner la pension minimale des indépendants sur celles des salariés. Cela concerne la pension pour un isolé et la pension de survie – la pension minimale au taux ménage d’un indépendant est déjà la même que celle d’un salarié. L’alignement est prévu pour le 1er août 2016. La pension pour un isolé sera ainsi portée de 1 060,94 euros à 1 123,33 euros (+ 62,39 euros). Et de 1 060,94 à 1 105,67 euros (+ 44,73) en ce qui concerne la pension de survie.
  8. Evaluer la loi du 21 décembre 2013 sur l’accès aux crédits des PME. « L’accès aux crédits reste difficile, singulièrement pour certains secteurs comme l’Horeca. »
  9. Promouvoir le crowdfunding (le financement participatif). Via deux leviers. Primo : une déductibilité fiscale partielle – sans doute de 30 % – des sommes engagées. Secundo : des garanties sur le capital investi.
  10. Soutenir la seconde chance. Le gouvernement étendra les différents dispositifs « seconde chance ». « Celui qui trébuche est trop souvent montré du doigt, commente le ministre. Il doit à nouveau pouvoir accéder aux crédits. »

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Du chemin reste à faire

Sur cette image révélatrice, on distingue en bleu les avantages de la Belgique francophone pour y entreprendre et en rouge les faiblesses:

entreprendre-forces-faiblesses source

 

Le cadre politique et législatif reste dissuasif malgré ces avancées. Cela explique sans doute que des situations désespérées existent encore. En effet, un indépendant sur six sous le seuil de pauvreté.

 

 

Conclusion

Certains prédisent la fin du salariat et la disparition de millions d’emplois. L’entrepreneuriat est une issue pour éviter que certains ne sombrent dans la précarité. Il doit donc être encouragé voire stimulé. A notre modeste niveau, nous essayons de le promouvoir.

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2016-09-26T09:48:50+01:0026 septembre 2016|

About the Author:

Licenciée en Sciences Economiques de l'ULB et Expert-comptable Fiscaliste ITAA